Depuis 1990, Autocorner vend et entretient des véhicules en Suisse romande. Audi, Škoda et BYD appartiennent au même groupe, mais chacune de ces marques conserve son identité, sa gamme et son public. Chaque centre possède aussi sa propre équipe et son propre stock, tandis que les clients passent naturellement du site à une campagne, d’une annonce à une concession.
Pendant des années, cette diversité s’est traduite par une collection de sites Gatsby indépendants. Chaque centre avait ses pages, ses intégrations et sa mise en production. L’ensemble paraissait cohérent vu de l’extérieur, mais devait être entretenu comme autant de produits distincts. Une modification de contenu exigeait encore l’intervention d’un développeur, le stock pouvait prendre du retard sur la place de marché et chaque nouvelle marque menaçait d’ajouter un site supplémentaire.
« Nous avions un site, mais nous ne pouvions rien en faire. La maintenance était très lourde. Avec les bons outils et la bonne architecture, nous avons compris que nous pouvions transformer non seulement le site, mais aussi notre manière de travailler et de vendre. » — Autocorner
La bonne réponse n’était pas un site de plus
Nous aurions pu rassembler les huit sites dans un gabarit plus propre et nous arrêter là. La duplication aurait diminué, mais la solution n’aurait toujours pas reflété le fonctionnement réel d’Autocorner. Une plateforme automobile doit réunir trois flux très différents : les contenus rédigés par l’équipe, un stock vivant géré ailleurs et les demandes que les clients renvoient vers les centres.
Nous avons donc construit une seule application Next.js autour d’une couche de données commune et typée. Les marques et les centres sont devenus des fiches de contenu plutôt que des bases de code distinctes. Sanity sert de colonne vertébrale éditoriale, AutoScout24 reste la source de référence pour les véhicules d’occasion et chaque formulaire transmet la demande au bon centre, avec le contexte de la bonne marque.
Ce choix suit une idée simple : laisser chaque source remplir le rôle qu’elle maîtrise, puis construire au-dessus une expérience cohérente.
Une plateforme, plusieurs identités
Chaque marque possède dans la plateforme son logo, ses couleurs, ses catégories et son langage. Chaque centre porte son adresse, ses horaires, son équipe, ses prestations et son identifiant sur la place de marché. Les pages peuvent réunir ces informations sans les dupliquer : une même prestation s’affiche dans plusieurs centres tout en respectant l’univers de chaque marque.

Ce modèle a démontré sa valeur à l’arrivée de BYD. La plateforme considérait déjà les marques comme des éléments à part entière : la nouvelle identité, le nouveau centre et sa flotte ont donc pu être ajoutés par la configuration et le contenu. Ce qui aurait autrefois déclenché la création d’un site est devenu une évolution naturelle du système existant.
« Lorsque BYD nous a rejoints, nous avons découvert que nous pouvions lancer un centre, une flotte et une identité visuelle entièrement nouveaux sans reconstruire la plateforme. Le CMS nous offre le juste équilibre entre liberté et structure. » — Autocorner
Le contenu et le stock se rencontrent sur la même page
Les pages, les offres, les centres, les marques, les prestations et les campagnes ont leur place dans Sanity. La disponibilité des véhicules, elle, appartient à AutoScout24, où Autocorner gère déjà son stock. Recopier ces données aurait créé une seconde source de vérité : nous avons préféré les relier.
Un client typé interroge l’API AutoScout24 et valide ses réponses avant qu’elles n’atteignent l’interface. L’identifiant du vendeur associé à une annonce permet de retrouver le centre correspondant. Une page véhicule peut ainsi combiner un prix, un kilométrage et des équipements à jour avec les horaires, la personne de contact, l’identité de marque et les contenus propres à Autocorner.

Cette séparation rend également la plateforme utile au-delà du site principal. Les mêmes véhicules peuvent alimenter une campagne ou une page thématique filtrée ; les mêmes informations de centre apparaissent dans la navigation, les formulaires et les confirmations. Être multicanal ne signifie pas recopier les contenus partout, mais permettre à chaque canal de s’appuyer sur une fondation commune et fiable.
Une recherche façonnée autour du client
C’est dans la recherche de véhicules que ces choix deviennent les plus visibles. Autocorner détermine dans Sanity quels filtres proposer, dans quel ordre, avec quelles valeurs par défaut et lesquels ouvrir d’emblée. La sélection complète est enregistrée dans l’URL : une recherche peut donc être partagée, ajoutée aux favoris ou réutilisée dans une campagne.
Le nombre de résultats provient directement du stock disponible. Depuis la page d’accueil, une personne peut choisir une marque, un prix et un état, puis parcourir les véhicules correspondants avant même d’ouvrir la liste complète. L’équipe reste libre d’affiner ce parcours sans attendre une nouvelle version du site.

Le stock du moment et des points de départ utiles sont visibles immédiatement. 
Le visiteur affine le stock dans une expérience configurée par Autocorner. 
Les véhicules correspondants apparaissent avant même de quitter la page d’accueil.
Une plateforme qui a apporté plus que de l’autonomie
Le premier résultat fut l’indépendance éditoriale : une même équipe pilote désormais les pages, les marques, les centres et les campagnes depuis un seul endroit. Le résultat architectural compte tout autant : une mise en production améliore tous les centres et la prochaine marque ne commencera plus dans un dépôt vide.
L’impact commercial a rendu cette valeur incontestable. Après la migration, Autocorner a constaté environ dix fois plus de demandes d’offres, près de vingt-cinq fois plus de demandes de reprise de véhicules d’occasion et un trafic organique bien supérieur à ce que l’équipe imaginait pour le site d’un concessionnaire.
La leçon n’est pas que toute entreprise devrait adopter Sanity, Next.js ou une couche de données sur mesure. Autocorner en avait besoin parce que sa présence numérique devait faire cohabiter plusieurs marques, plusieurs centres, un stock externe en temps réel et différents canaux clients sans perdre en cohérence. Pour une structure plus petite qui souhaite surtout modifier ses pages avec un minimum de friction, nous choisissons volontairement une solution plus légère, comme pour le Cabinet des Alpettes.
Pour Autocorner, le site est devenu une fondation commune plutôt qu’une destination finale. Une fois les contenus, le stock et les demandes clients réunis, la question n’était plus de savoir comment publier une page supplémentaire, mais comment cette même plateforme pouvait soutenir le travail réalisé en coulisses. C’est l’objet du chapitre suivant.